Projet associatif 2016-2020


Semaine du sport au féminin : Christine de Pestel combat pour la boxe française


A l’occasion de la semaine du sport au féminin, vous retrouverez du 12 au 18 avril, le portrait d’une femme de sport. Qu’elle soit joueuse, entraîneur ou dirigeante. Aujourd’hui : Christine De Pestel (56 ans), présidente de la ligue de Normandie de boxe française.

Multi-tâches, Christine De Pestel œuvre pour le développement de la boxe française - savate à tous les échelons. Autant sur les rings qu’auprès des administrations
Multi-tâches, Christine De Pestel œuvre pour le développement de la boxe française - savate à tous les échelons. Autant sur les rings qu’auprès des administrations

Cela fait maintenant dix ans que la boxe fait partie de son quotidien. Entraîneur des jeunes à l’Evreux AC, elle est également présidente de la section au sein du club omnisports, du comité départemental et de la ligue régionale.

LE PASSé

C’est autour des bassins que son engagement associatif prend forme. Au début des années 1990, Christine De Pestel accompagne ses enfants aux entraînements de l’EAC natation. Comme des centaines d’autres mères. L’assiduité, la curiosité et l’ouverture aux autres en plus peut-être. Toujours est-il que le club la sollicite pour donner un coup de main. « J’ai fait des choses très diverses, explique-t-elle. Juge arbitre, responsable informatique, vice-présidente. » Tout cela jusqu’en 2004 où des raisons personnelles la poussent à cesser cette activité. Un an plus tard, c’est alors vers un autre sport qu’elle se dirige : la boxe française - savate. Toujours au sein de l’EAC omnisports. « Mon mari pratiquant ce sport, étant délégué technique de la ligue, je me suis dit pourquoi pas moi ? C’est une discipline qui n’est pas violente, cela reste quelque chose de gracieux. On est tenus d’avoir des distances, c’est de la touche et non de la puissance. »

Et puis très vite, encore une fois, on fait de nouveau appel à son énergie et à sa disponibilité pour s’occuper des instances de la discipline, d’un comité et d’une ligue laissés vacants. « On ne pouvait pas laisser les clubs comme cela. On a donc provoqué une AG en 2006 où il y a eu très peu de monde. J’ai pris la pré- sidence régionale et on s’est attelés à la tâche en remontant l’ensemble des dossiers et des partenariats : CNDS (centre national pour le développement du sport), conventions d’objectifs... »

LE Présent

Près de dix ans plus tard, Christine De Pestel continue de s’impliquer quotidiennement pour le développement de son sport. À l’EAC d’abord où elle a raccroché les gants sans toutefois quitter le ring. « Aujourd’hui je ne pratique plus la boxe, c’est devenu trop compliqué de lever la jambe (rires). Mais je suis devenue enseignante auprès des tout-petits après avoir passé mon monitorat. » Une nouvelle fonction qui lui permet de voir au plus près du terrain la féminisation en cours de la discipline. « Oui, il y a de plus en plus de femmes notamment via la savate-forme qui est un ensemble de chorégraphies de mouvements de boxe sur de la musique. C’est une première étape car les sports d’opposition restent vecteurs d’appréhension chez les filles. Après, il est vrai qu’on entend encore certains dire que la boxe n’est pas un sport pour les femmes. C’est une véritable méconnaissance. »

En parallèle, avec sa casquette de présidente de la ligue, elle s’attelle à développer sa discipline et cible tous azimuts. « Il y a bien évidemment les directives fédérales que sont le sport pour tous ou le sport à l’école. Sur ce dernier point, on a lancé une initiative visant à créer des passerelles avec les clubs pour que les enfants puissent se licencier afin de pratiquer dans l’encadrement d’un club reconnu. »

l’avenir

Son mandat de présidente régionale s’achèvera l’an prochain à l’issue des jeux Olympiques de Rio, mais il n’est pas encore temps pour elle de mettre un terme à ses multiples activités. « Je pense que je continuerai jusqu’à ma retraite professionnelle », explique celle qui occupe le métier de mandataire judiciaire. Le temps donc de parachever plusieurs projets dont la poursuite de la féminisation. « Organiser un gala féminin ? Ce serait une belle idée en effet, impossible à mettre en œuvre aujourd’hui, mais les choses avancent. »

JEAN-PIERRE HéRANVAL

En 2013, 12,5 % des fédérations sportives étaient dirigées par une femme. 22,9 % occupaient le poste de secrétaire, 13,5 % celui de trésorière. La fédération française d’équitation est plus qu’en avance en terme de parité. En 2013, sur les 694 480 licences délivrées, 82,8 % concernaient les femmes.

A titre de comparaison, la fédération française de football ne comptait que 4,9 % de femmes sur les 2 002 398 licenciés.